La huit noire
Billard américain sur son doux tapis vert
Brossé de bon matin ressent le glissement
Du triangle posé par une main d’expert.
La caresse l’éveille, il est l’heure maintenant.
Les billes sont placées, ordonnées à leur place
Les couleurs alternantes et la «huit» centrée.
La belle bille noire dont si sombre est la face
De quelque coup direct est ainsi protégée.
Au côté opposé, solitaire et chétive
Tout au bout du tapis et de terne couleur
Le teint un peu jaunâtre d’apparence peu vive
La «blanche» leur fait front impassible et sans peur.
Face au bloc concentré formé par l’ennemi
Elle sait qu’elle doit frapper, détruire l’agencement
De ce groupe abhorré et du triangle honni
Toutes les foutre au trou, et sans discernement.
Bien sûr elle est solide malgré son apparence
Son corps est fait d’ivoire elle ne craint pas les chocs
Les bleus sur sa surface ne lui font pas souffrance
Malgré les coups reçus au billard amerloque.
Les billes de couleur qui protègent la noire
Attendent en se serrant le premier coup d’attaque.
Elles savent maintenant qu’il va y’avoir bagarre
Si elles avaient des dents on entendrait ‘clac-clac’
Et voilà ça commence ! Sur un grand coup de queue
La «blanche» est propulsée droit sur le fort d’en face
Par un joueur puissant, un beau marin fougueux
À la belle prestance et aux yeux bleus de glace.
Sous l’assaut percutant de la blanche torpille
L’opposant se fracasse, s’éparpille en tous sens
Toutes les billes heurtées se sauvent à l’envi
Tentent de s’échapper en prenant leurs distances.
La «noire» numéro huit abandonnée sur l’heure
Se voit bien isolée au milieu du plateau
Et sa pire ennemie la blanche est en fureur
Animée par le feu de son beau matelot.
À chaque coup ou presque dans une poche tombe
Une bille après l’autre qui ont belles couleurs
Car le jeu le précise : la noire pour sa tombe
Doit attendre leur fin pour subir son malheur.
Et voilà maintenant le moment attendu
Pour le beau marin blond aux yeux couleur grand bleu
L’instant est pathétique. L’affaire est entendue
Seule reste la «noire» à faire sortir du jeu.
Il doit lui annoncer où sera son cercueil
Dans laquelle des six poches il va la faire mourir :
Celle-ci conviendra pour assurer son deuil ?
Il ne lui reste plus qu’à quitter le navire.
Son œil bleu s’étrécit, sa main gauche s’étire
Les doigts posés bien plan sur le drap délicat
Il arme son bras droit, un bon grand coup respire
Et propulse la «blanche» sur la «noire» aux abois.
Les billes s’entrechoquent. La visée était bonne,
La bille noire s’en va vers son destin funeste
File droit à la poche. Le matelot claironne
Il a gagné son lot, d’un coup et sans conteste.
Billard américain jusqu’au prochain joueur
Gardera en son ventre ses filles d’infortune
Bien au chaud il les tient ses billes de couleur
Qui bientôt au triangle reviendront en tribune.
Croquer des pommes rouges
Au souvenir des balancelles
De nos grands-mères qui, jouvencelles,
Lançaient leurs fines chevilles en avant
Leurs jupes s'offrant au vent
Je rêve parfois.
Un merveilleux retour des temps
Ou les jardins étaient si riches
De fleurs et des cris des enfants
Temps ou l'argent n'était qu'artiche
L'argot patois.
Des fortifs jusqu'aux boulevards
On pouvait y croiser l'apache
La casquette sur ses yeux noirs
Et les roufflaquettes en panache,
Couteau mauvais parfois.
Les belles à chapeaux fleuris
Martelaient du talon le trottoir
Chavirant le cœur des maris
Pour un petit bonheur exutoire,
Plaisir sans joie.
La guerre n'était qu'en attente
Les bistrots faisaient salle pleine
Et si la vie était harassante
Pour six jours de chaque semaine
Dimanche on filait au bois.
Le peuple allait à bicyclette
La voiture était aux nantis
Le voyou à motocyclette
Moquait les flics à vélo et pardi,
haïssait le bourgeois.
Dimanche on mangeait du poulet
De la saucisse ou des haricots
Pour autant qu'on pouvait s'en payer
Quand on était du populo,
Bourse à l'étroit.
Aujourd'hui tout est magnifique
On a foison de trucs futiles
D'appareils et outils si pratiques
Qu'ils rendent l'effort inutile
Engins sournois.
J'aimerais retrouver certains jours
Les lenteurs de la vie de ce temps
Le bonheur de faire un parcours
Sans courir et en appréciant
La vie d'autrefois.
Aller croquer des pommes rouges
Aux jolis vergers de Montrouge
Pour un moment, pour un instant,
Ne plus me sentir impatient
Être un peu moi.
Tapons pas sur le héron
En Camargue, François Valléri est guide spécialisé dans l'accompagnement de groupes en visite dans la région des Saintes-Maries-de-la-Mer. Son principal domaine de compétence est l'observation des oiseaux dans le Parc Ornithologique camarguais du Pont de Gau.
Celui-ci est extrêmement prisé pour l’observation des flamants roses et des hérons (cendrés, aigrettes garzettes, garde-bœufs, crabiers chevelus). On peut également y voir des canards, des passereaux et des échassiers migrateurs.
Plusieurs observatoires permettent une vision discrète sur ces oiseaux. A l’automne, le site est d’un grand intérêt pour les limicoles. Hérons et spatules fréquentent régulièrement le lieu.
Ces échassiers se caractérisant par un cou long et grêle, replié en forme de « S », et par un bec allongé et conique en forme de poignard. Les hérons vivent dans les zones humides, les plans d'eau (lacs ou étangs) et les cours d'eau, se nourrissant de batraciens, poissons ou rongeurs.
Ce jour-là il avait été missionné pour accompagner un groupe un peu inhabituel : une demi-douzaine d'adolescents déficients mentaux légers et leur encadrante.
Pour ce cas particulier, et même si cela peut paraître évident, il lui avait été bien précisé d'être particulièrement patient et de tenir compte du handicap de ces enfants lors de la visite, de leur répondre avec le plus de précisions possible quitte à se répéter et de ne pas se formaliser des réactions parfois incongrues de ces jeunes à la vue des animaux du parc.
Passons les détails de l'arrivée au parking, la descente du minibus, l'attribution de la surveillance de trois enfants par adulte et arrivons directement à l'endroit de l'observation.
Tout particulièrement curieux et intéressés, très excités de découvrir ces oiseaux inconnus dont on leur avait déjà expliqué les caractéristiques physiques et un peu le mode de vie pendant le trajet avant la visite, les jeunes se bousculaient à qui serait le premier à apercevoir un oiseau, flamand, héron ou autre échassier.
Tout à coup l'un d'eux, peut-être plus rapide ou plus éveillé que ses camarades aperçut derrière des roseaux un petit rassemblement d'oiseaux et tendit le doigt dans leur direction en s'écriant très excité :
- Tââpons ! Tâââpons !
François, qui avait évidemment déjà aperçu depuis quelques instants les oiseaux mais attendait patiemment que l'une des ouailles découvre par elle-même les premiers animaux, surpris par l'interjection, ne comprit pas instantanément ce que voulait dire le jeune.
Un peu interloqué il demanda discrètement à l'encadrante ce que l'enfant voulait dire par là, celle-ci lui répondit avec un sourire
- c'est sa façon de désigner les hérons, il s'exprime avec quelques difficultés.
- ah, ok, je comprends.
Il pensa alors qu'il pouvait être judicieux d'indiquer au jeune son erreur de vocabulaire, lui faire entendre le bon terme ; tendant à son tour le bras en direction des oiseaux il indiqua avec douceur et un gentil sourire :
- "héron"... "héron" petit, pas "tââpon"...
;-)))
N.B. dans mes deux premières lignes il n'y a aucune allusion à un chanteur prochainement décédé.
Toute corrélation avec Jean-Louis Mougeot, dit François Valéry, né le 4 août 1954 à Oran, chanteur français, connu pour ses slows et ses hits disco dans les années 1970 ne serait que fortuite bien évidemment (tu parles).
LE MOT
Tout peut sortir d'un mot qu'en passant vous perdîtes.
Tout, la haine et le deuil ! - Et ne m'objectez pas
Que vos amis sont sûrs et que vous parlez bas... -
Ecoutez bien ceci :
Tête-à-tête, en pantoufle,
Portes closes, chez vous, sans un témoin qui souffle,
Vous dites à l'oreille au plus mystérieux
De vos amis de coeur, ou, si vous l'aimez mieux,
Vous murmurez tout seul, croyant presque vous taire,
Dans le fond d'une cave à trente pieds sous terre,
Un mot désagréable à quelque individu ;
Ce mot que vous croyez que l'on n'a pas entendu,
Que vous disiez si bas dans un lieu sourd et sombre,
Court à peine lâché, part, bondit, sort de l'ombre !
Tenez, il est dehors ! Il connaît son chemin.
Il marche, il a deux pieds, un bâton à la main,
De bons souliers ferrés, un passeport en règle ;
- Au besoin, il prendrait des ailes, comme l'aigle ! -
Il vous échappe, il fuit, rien ne l'arrêtera.
Il suit le quai, franchit la place, et caetera,
Passe l'eau sans bateau dans la saison des crues,
Et va, tout à travers un dédale de rues,
Droit chez l'individu dont vous avez parlé.
Il sait le numéro, l'étage ; il a la clé,
Il monte l'escalier, ouvre la porte, passe,
Entre, arrive, et, railleur, regardant l'homme en face,
Dit : - Me voilà ! je sors de la bouche d'un tel. -
Et c'est fait. Vous avez un ennemi mortel.
1802 - 1885
Elle fait des bonds, elle fait des bonds…
C'est d'la balle !
Au cours d'un match du tournoi de tennis de « Roland-Garros » j’ai entendu un commentateur dire :
« c’est un match vraiment riche en rebondissements ».
Elle est bien bonne ! C’est quand même un peu une caractéristique évidente du jeu. Il est con ce mec.
Ça coule de source
Je suis un peu sorcier sur les bords, j’ai un don certain de sourcier.
Je trouve l’eau avec mon fluide, ce qui va de soi, mais c’est ma femme qui me mène à la baguette.
À l’heure de l’apéro surtout, elle veille à ce que j’utilise mon pouvoir pour trouver la carafe et bien noyer mon pastis, ne pas le boire trop sec.
Il m'est difficile de l’admettre, mais elle m’encourage aussi à utiliser cette capacité après les repas pour atteindre le point d'eau sur l’évier et y faire la vaisselle.
Enfin grâce à ça j’ai compris une chose, c’est qu’il faut cinq volumes d’eau pour un volume de Jaune, moi qui croyais le contraire depuis des années ! Ce qui fait maintenant qu’après quelques apéros je pisse beaucoup plus clair mais droit dans la cuvette au moins.
D'autre part j'ai appris à effectuer une tâche ménagère qui m'était encore étrangère avant le mariage.
Merci ma chérie de m'encourager à utiliser mes pouvoirs particuliers à des fins honorables et utiles.
je t'aime.
Ton humble esclave soumis et reconnaissant.
Contraception ? Mon œil !
D'aucuns sont persuadés que Jean-Marie Le Pen était borgne parce qu’il aurait perdu un œil pendant la guerre d’Algérie suite à une blessure au combat, alors que certaines sources prétendent que cela serait le fait d'un coup reçu lors d'une bagarre électorale ou simplement les suites d'une cataracte mal soignée. On parle aussi d'un accident bête en montant un stand (il se serait pris une "sardine" dans l' œil à la suite d'un mauvais coup de marteau) ? Quelle que soit la vérité, je propose une autre version, toute personnelle et qui n’engage que moi : je me demande si sa mère pressentant l’avenir de son fils n’aurait pas préféré avorter discrètement avec une aiguille à tricoter mais qu’elle se soit loupée et n’ait seulement réussi qu’à lui crever l'œil gauche.
Faute mortelle
Récemment, au cours d'une promenade digestive après le déjeuner, je suis passé un peu par hasard devant le zoo.
Apercevant un panonceau accroché à la poignée de porte du local de bureaux à l'entrée, je me suis approché et j'ai pu lire :
"Le gardien a été donné à manger aux lions".
Je ne sais pas ce qu'il avait bien pu faire de mal mais je trouve la punition exagérée.
Quand y'a pas mèche d'y couper ça s'refuse pas !
Mon coiffeur est très sympathique, hier je suis passé le voir pour lui demander un petit rafraîchissement et il m'a gentiment proposé une COUPE !
Alors j'ai dit : "CHAMPAGNE" !
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